Les coquillards rentrent au port

Port-en-Bessin offre en arrière saison un spectacle typique et pittoresque. Et à La Maison sur le Quai, on est aux premières loges pour l’admirer. Il s’agit du retour des coquillards venus débarquer leur pêche du jour.

Pendant la campagne de pêche à la coquille St Jacques « Baie de Seine » (le top ! – Label Rouge à partir de 11 cm et avec corail-) au large de nos côtes, le nombre de chalutiers présents à Port-en-Bessin est grandement multiplié. Cette pêche est strictement règlementée avec quotas de quantité, de temps de pêche, caractéristiques du bateau (Max 1,5 T pour 4h/jour/bateau, selon période). Sous la halle, Claude Milliner, patron pêcheur portais m’explique qu’il y a environ 200 bateaux titulaires de la licence « Baie de Seine » et qui doivent mesurer maximum 16 M de long. Cette année, l’ouverture de la campagne Baie de Seine a été avancée d’une semaine. On a compté jusqu’à 146 chalutiers présents le 1er jour entre la pointe du Hoc et Colleville sur mer (12 km de côte) et environ 30 T vendues !! Évidemment, cela présage une ressource qui pourrait s’épuiser plus vite et probablement plus de traits pour pêcher la même quantité de coquilles dans les jours à venir. Et comme les pêcheurs de coquilles font le plus gros de leur chiffre d’affaires sur la fin de l’année, même si la pêche reste ouverte les mois suivants, ils ont donc demandé aux autorités de passer à 6h au lieu de 4h et attendent la réponse. Voilà pour les quelques données disponibles. En aparté et de vous à moi, j’entends depuis plusieurs années que la transparence du marché est un autre débat…

Cet après-midi de fin novembre, temps froid, ciel voilé avec de belles éclaircies, quelques flocons de neige. Je vois un, puis deux, trois, dix, vingt et plus… chalutiers rentrer dans l’avant-port. A cadence serrée. Ils sont immatriculés à Caen bien sûr mais aussi Dieppe, Boulogne-sur-mer, Trouville etc.

En attendant l’ouverture de l’écluse, les chalutiers font la queue dans le bassin tandis que sur le pont, les pêcheurs continuent de gratter et trier les coquilles St Jacques, une par une. Un long long travail manuel. Une fois l’écluse passée, les bateaux s’amarrent bien souvent « en double file ». La pêche du jour est débarquée illico-presto soit dans les camions frigorifiques qui les attendent, soit à la criée portaise. Il règne une grande effervescence sur les quais.

D’autres coquillards arrivent encore, un défilé incessant, haut en couleurs. Je vais au bout de la jetée et à l’horizon, on aperçoit encore d’autres points qui sont autant de bateaux qui s’approchent du port. On n’est pas loin d’évoquer un débarquement ! Au final c’est presque une cinquantaine de bateaux qui sont entrés au port. C’est vraiment impressionnant. Et de nuit c’est encore plus magique… à chaque point de lumière, un bateau. Et on les compte par dizaines…

+ d’infos :

 
 

Crédit-photos : La Maison sur le Quai, Nov. 2010

 

La coquille Saint Jacques de Normandie et la certification Label Rouge

Une vidéo très intéressante et synthétique pour tout savoir sur la pêche à la coquille Saint Jacques sur un chalutier de Port-en-Bessin : méthodes de pêche, certification Label Rouge, filière qualité…
Avec les explications du patron-armateur du coquillard « Galaxie », chalutier côtier de 12 mètres. Film réalisé pour Normandie Fraicheur Mer.

Comme précisé dans le film, en Manche il y a 2 ouvertures de pêche à la coquille pour les chalutiers, avec des quotas bien spécifiques : au large (d’Octobre à mi-mai), tandis que la Baie de Seine débute en décembre et se termine fin février… Encore ce week-end pour en profiter !

Etal du Bateau Le Virgule sous la halle aux poissons de Port-en-Bessin - Février 2010

Samedi dernier, la coquille se vendait sous la halle aux poissons en vente directe aux particuliers à 3 Eur 30 le kilo, 3 Eur par 10 kilos et 11 Eur la barquette de noix+corail épluchés (environ 500 gr).

A vrai dire, si vous engagez la discussion sous la halle aux poissons avec les pêcheurs, vous constaterez comme un « Je t’aime moi non plus » pour la coquille St Jacques : l’offre et la demande qui ne se rencontrent pas toujours, des griefs sur les modes de distribution, des calculs savants pour être en conformité avec les quotas de pêche et une saison de 8 mois, qui reste tout de même longue pour les pêcheurs et ceux qui épluchent les coquilles pour la vente.

Mais une fois en bouche, crues ou cuites, dans leur plus simple expression, tous s’accordent à les trouver vraiment divines. Mangez-en !!